samedi 10 octobre 2009

Philoctète pour mémoire

Me souvenir que je suis allé voir philoctète à l'Odéon mercredi dernier.

Je remercie Brigitte Salino d'avoir si bien démoli le boulot de Schiaretti, Siméon et des acteurs, cette "gentille catastrophe", dans le Monde. Je ne pouvais qu'en ressortir soulagé d'avoir assisté à une oeuvre plus qu'honnête (sentiment partagé par les personnes qui m'accompagnaient).


Je ne me lancerai pas dans une contre critique, ce n'est pas trop mon truc la critique. Je noterai juste que la scénographie m'a fait pensé à celle de Juste la fin du monde par Raskine à la Comédie Française : une grosse utilisation de l'avant-scène puis la surprise finale qui dévoile la profondeur du plateau. Je ne vais pas souvent au théâtre, mais à chaque fois, il faut que je trouve des similitudes scénographiques fortes. Questions aux spécialistes : y a-t-il des modes ou des manies, si oui, vous avez une liste illustrée ? ça serait rigolo.

Philoctète est à l'affiche jusqu'au 18 octobre.
Voir sur le site du théâtre de l'Odéon

Crédit photo : Christian Ganet.

mardi 6 octobre 2009

Michel Vinaver ou le retour du trac

J'ai découvert Michel Vinaver il n'y a guère plus d'un an, ma culture théâtrale étant assez limitée et en tous cas récente. C'était à l'occasion du passage de Schiaretti au théâtre de la Colline pour Par-dessus bord. Une longue fresque tragi-comique passablement inspirée de la vie de l'auteur, à ceci près que les papiers toilettes ont remplacé les rasoirs. C'est peu dire que j'ai été emballé par cette belle journée de samedi, par les acteurs, par la mise en scène et par le texte.


J'ai donc foncé dans une librairie voir s'il n'y avait pas moyen de trouver quelque chose pour notre troupe de théâtre. Les critères de sélection chez Aux dires d'Ascalie étant, comme souvent dans le théâtre amateur, assez prosaïques (8-12 comédiens, rôles équilibrés), mon choix s'est vite porté sur L'émission de télévision. Je n'en dirai pas plus sur le contenu de la pièce, vous verrez par vous-même l'année prochaine sur scène, en vrai.


Je devrais maintenant vous parler de ce Michel Vinaver, c'est l'objet de ce post. Mais ça me gêne finalement. Je me suis attaché au bonhomme en lisant des entretiens par ci par là, en regardant quelques vidéos qui traînent sur le Net. Alors maintenant je rechigne à en parler. Et même, pour la première fois, je commence à éprouver la peur de décevoir ; de décevoir l'auteur par notre spectacle je veux dire.
Jusqu'à présent j'avais joué dans des pièces d'auteurs morts ou plus ou moins quelconques, là c'est autre chose. Alors à moins qu'il ne passe pas l'hiver (à 83 ans ce genre de chose arrivent, même aux plus grands), il sera forcément tout près. Et même si la grippe l'emporte, et bien ça sera dur de ne pas y penser en coulisse. En y réfléchissant ça serait même bête, tiens, de ne pas y penser. Penser à l'auteur avant de rentrer sur scène... Mais oui, voilà où il se cachait le trac ! celui qui m'a fait défaut ces dernières années.


Allez pour le plaisir, un petit extrait au hasard :

"Il y avait le commissaire Gémier avec deux de ses inspecteurs Golet et Mérolleau il y avait le substitut à d'autres tables il y avait des filles du New York elles dévidaient leurs histoires à n'en plus finir et puis j'ai marché

J'ai remonté la rivière entre trois et cinq heures la Loire a quelque chose de magique le jour se levai quand je me suis retrouvé devant ma porte un bain tout juste tiède je me suis rasé

Sortez-moi le dossier Blache"


Crédits photos : Christian Ganet, Martin Bureau/AFP, moi-même.

dimanche 4 octobre 2009

Recherche de pavillons à Montreuil

Dans ma tentative ratée de trouver des pavillons à photographier pour l'affiche de notre futur spectacle, je me suis trouvé à nouveau confronté au thème d'un projet en construction : la ville désertée.
Normal pour un dimanche.


Lola


Je ne voulais pas parler de Lola de Jacques Demy puisque je viens de voir Model shop, la suite en quelques sortes car on la retrouve dix ans plus tard perdue à Los Angeles. La très belle suite. Alors je ne parlerai de rien, je vous laisserai juste regarder cet extrait de Lola où la jeune fille découvre l'amour. Ca paraît culcul dit comme ça, en plus il y a un drôle de ralenti au milieu, mais c'est beaucoup plus fort en images qu'en paroles. Vu que les images sont malheureusement moches et déformées, il faudra faire preuve d'un peu d'indulgence ou venir voir le DVD chez moi.





Ajout de dernière minute. De même que Demy aimait lier ses films par des personnages communs, je voudrais faire un lien entre Model shop et un film que j'ai vu il y a quelques jours (et qui m'a emballé). Je m'explique : la copine de George, celle qui est jolie mais un peu cruche, va au cinéma voir un film Tchèque dont l'héroïne est sensée lui ressembler. Permettez-moi donc d'affirmer qu'il s'agit des Amours d'une blonde de Milos Forman, ce qui serait une belle coïncidence de plus dans ma vie de cinéphile du dimanche.

Le lecteur cherchera à faire une analyse comparée de ces deux films pour pointer les ressemblances. Moi, je vais me coucher.

Ajout de dernière seconde (il faudra que j'apprenne à rédiger mes posts en une seule fois), la photo comparative. Donc en haut, la Tchèque et en bas, l'Américaine.

samedi 3 octobre 2009

La subversion des images



Avec un titre pareil, j'étais prêt à aller à Pompidou, même un samedi après-midi. Et bien j'aurais mieux fait de me lever plus tôt. Pressé à gauche par le guide qui me gueulait ses explications dans l'oreille et à droite par les mémères qui discutaient du repas du soir, c'est difficile de rester ouvert à la beauté des choses.

Je me souviendrai toutefois que Brassaï est meilleur que Cartier-Bresson dans le rôle du surréaliste malgré soi, meilleur même que beaucoup de surréalistes engagés volontaires ; que j'aime bien Jaques-André Boiffard (voir photo ci-contre, qui devait illustrer la sensation claustrophobique de la visite, mais que je trouve finalement si douce, que je me sens tout apaisé) ; ah oui ! et que Man Ray faisait des films de fesses assez mauvais, comme tout le monde c'est vrai.




Mais, même s'il a fallu jouer des coudes parce que les commissaires les ont accroché à l'entrée de la pièce, j'ai beaucoup aimé aussi les photos de la série de Paul Nougé, qui donne son nom à l'exposition : l'accouchement où l'on voit les gens se pencher sur la cheminée du salon pour assister à la naissance d'un objet, la jongleuse aplatie sur la table, le bras qui sort de la porte pour l'indiquer... Tout bien réfléchi, c'est le Belge que je préfère.

J'ai pu voir aussi l'Âge d'or de Buñuel dans le petit cinéma où je vous déconseille de vous assoir ailleurs qu'au premier rang.

Penser à y retourner vite fait un de ces jours, par acquis de conscience.

Voir la page consacrée à l'expo sur le site du centre Pompidou (d'où j'ai piqué les images).

jeudi 1 octobre 2009

Répétition à Plaisance

Quelques photos de moi pour le dernier jour de répétition de La douzième île.


photo: Caroline Alaoui